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Billets du Docteur C (catalogue sélectif) |
24 juillet 2005 |
Ce matin, allongé sur mon lit défait, je réfléchissais à la condition d'artiste. Bien des paroles du Docteur O. me sont revenues à l'esprit. "Une personne épanouie, heureuse de vivre, adaptée à la société, ne passe pas ses journées à gribouiller du papier inutilement." "Fonder un foyer, être utile à son prochain par son travail, produire de la richesse, voilà ce à quoi s'emploie un être épanoui." Et encore: " c'est par autrui qu'on se réalise vraiment, seul un être malade mentalement peut croire qu'une activité solitaire, forcément masturbatoire, peut être épanouissante." Bien sûr certains artistes jouissent d'une reconnaissance sociale, voire étatique pour les plus chanceux. Néanmoins "l'art" n'est pas une activité normale de l'homme, la "création" par soi et pour soi ne vaut rien comparée à la création pour et par l'autre. C'est sans doute la raison qui me fait fuir la compagnie des artistes, qui tentent vainement de se convaincre mutuellement de la validité de leur activités. Maudits soient les artistes. Maudit sois-je.
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25 juillet 2005 |
Aujourd'hui je voudrais pointer du doigt les artistes qui se complaisent à vouloir faire de leur art le miroir des horreurs de ce monde. A ceux là, je veux opposer les idées d'un des plus grands penseurs de tous les temps, je veux bien sûr parler de John Stuart Mill dans son ouvrage "l'utilitarisme". Si on doit trouver une utilité à l'art - quoique cette activité soit médiocre, voir mon billet précédent - il faut au moins que le plaisir du spectateur soit ce qui guide l'artiste dans sa production. Un plaisir moral, bien évidemment. Montrer l'idéal du Beau dans la Nature, dépeindre un monde de douceur et de bonheur, dans une fonction pédagogique, voilà ce à quoi doit viser l'artiste, et rien d'autre. Fantasmer des horreurs pour un plaisir personnel amoral constitue la forme la plus avariée du travail d'artiste.
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26 juillet 2005 |
Parlons un peu du courant autobiographique qui semble faire florès en bande dessinée ces derniers temps. J'avoue que j'ai envie de tirer mon chapeau à tous ces auteurs qui n'ont pas peur de dévoiler leur intimité. Travailler sur la matière du vécu pour en tirer la substantifique moëlle, c'est vraiment une démarche admirable. Ces auteurs ont bien du courage car il y a une terrible conccurence dans ce domaine, après tout les quotidiens se ressemblent beaucoup, ce qui mène malheureusement parfois à la surenchère du dévoilement ( sexualité, violences domestiques etc...). J'ai parfois tenté de raconter moi aussi les détails de mon quotidien, mais je n'ai pas vécu grand chose, et finalement j'ai peur que les lecteurs me jugent. Certains diront que je suis lâche. C'est leur droit. |
27 juillet 2005 |
Je suis malheureusement dans l'obligation de suspendre ce billet pour un temps, je n'aurais plus accès à l'internet pendant une longue semaine. Sachez que c'est avec un grand plaisir que j'ai livré mes pensées à une poignée d'individus qui n'ont rien de mieux à faire que de cliquer sur une souris pour lire des inepties. Je voudrais conclure ce cycle de réflexion en saluant le retour d'un grand éditeur historique de bande dessinée. Je veux parler des éditions Futuropolis, qui proposeront leurs livres à partir de Septembre 2005. On a voulu faire un mauvais procès à cette structure, arguant que le nom de Futuropolis appartenait à un certain Monsieur Robial... Ma foi j'ignore qui est cette personne. Manifestement les oeuvres qui vont être publiées risque de devenir les nouveaux classiques de la bande dessinée, magnifiquement fignolés dans la forme comme dans le fond. Il semblerait même que les jeunes auteurs puissent bénéficier de l'aide d'un script doctor, ce qui ne peut que garantir la qualité de leurs premiers livres. Les docteurs O. & C. ont d'ailleurs l'intention de soumettre un projet à cette maison d'édition, destinée à occuper une place de première importance dans le futur paysage de la bande dessinée française. Pour en savoir plus: le site des éditions futuropolis.
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31 août 2005 |
Aujourdh'ui un court extrait du Don de Vladimir Nabokov, décrivant un commentateur politique avec une écriture d'une grande justesse. « Et Chtchelogev se lança dans une discussion politique. Comme beaucoup de moulins à paroles non rémunérés, il croyait pouvoir combiner les rapports de moulins à paroles rémunérés qu'il lisait dans les journaux en un plan bien ordonné , à la suite de quoi un esprit logique et sobre (dans ce cas son esprit) pouvait sans effort expliquer et prévoir une multitude d'évènements mondiaux. Les noms de pays et ceux de leurs représentants devenaient dans ses mains quelque chose dans le genre d'étiquettes pour des récipients plus ou moins pleins mais essentiellement identiques dont il versait les contenus d'un coté et de l'autre. La France CRAIGNAIT telle ou telle chose et en conséquence ne PERMETTRAIT jamais. L'angleterre avait quelque chose EN VUE. Tel homme d'Etat RECLAMAIT un rapprochement, tandis que celui-ci voulait augmenter son PRESTIGE. Quelqu'un COMPLOTAIT et quelqu'un s'EFFORCAIT d'atteindre quelque chose. Bref, le monde que Chtchelogev créait apparaissait comme un attroupement de brutes abstraites, sans intelligence, sans humour, sans visages, et plus il trouvait de cervelle, de ruse et de circonspection dans leurs activités mutuelles, plus son monde devenait stupide, vulgaire et simple. Ca devenait assez impressionnant quand il rencontrait un autre amateur semblable de pronostics politiques. Par exemple, il y avait un certain colonel Kassatkine qui venait de temps à autre dîner, et alors l'Angleterre de Chtchelogev n'entrait pas en conflit avec un autre pays mais avec l'Angleterre de Kassatkine, également inexistante, de telle sorte qu'en un certain sens les guerres internationales se changeaient en guerres civiles, bien que les belligérants existassent à des niveaux différents qui ne pouvaient jamais entrer en contact les uns avec les autres. A présent, tout en écoutant son propriétaire, Fiodor était étonné de l'air de famille entre les pays mentionnés par Chtchelogev et les diverses parties du propre corps de Chtchelogev : c'est ainsi que la "France" correspondait à ses sourcils froncés en guise d'avertissement: les pays "limitrophes" aux poils de ses narines, le "corridor polonais" descendait le long de son oesophage: "Dantzig" était le claquement de ses dents et la Russie le derrière de Chtchelogev ». (traduit du russe en anglais par l'auteur, ceci est une traduction de l'édition anglaise)
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26 septembre 2005 |
Je suis las de ces petits jeux avec la vérité du discours, j'ai décidé de me reprendre et d'en revenir au dire-vrai sur soi et sur le monde. Finalement le coté ironique, satirique, second degré de ce billet me sort par les yeux, comme il devrait sortir par les yeux à mes lecteurs. A quoi bon torturer les mots si ce n'est pour atteindre une certaine vérité subjective, sans masquer cette subjectivité derrière des jeux de miroirs critiques. Ainsi aujourd'hui je parlerais d'un fait mimime de l'existence, mais de quelque chose qui m'a occupé l'esprit ces derniers temps. Je possède un cendrier "arabe", du moins ayant l'aspect d'une poterie arabe. Je le laisse sur le balcon pour ne pas empuantir ma chambre de l'odeur de la cigarette. Il n'est pas à l'abri des intempéries. Il s'était donc rempli d'eau à la dernière pluie. Je l'ai laissé tel quel, rempli d'eau, ajoutant peu à peu des mégots de cigarettes et leur cendre à l'eau que le cendrier contenait. La cendre qui émergeait du cendrier prenait un aspect boueux et vert-marron, tandis que les mégots de cigarettes roulées ou non se délitaient lentement dans de l'eau marronasse. A chaque fois que je fumais j'étais fasciné par cette lente moisissure qui s'opérait dans le cendrier, celui-ci de plus en plus plein, la moisissure de plus en plus vivace, je ne crois pas avoir pu mettre autant de mégots dans un cendrier sans avoir à le vider, et avoir été déjà autant fasciné par l'évolution d'une pourriture, les reflets tant des cendres que de l'eau s'altérants très légérement heure après heure, jour après jour, du gris au vert, du marron clair au marron foncé. J'ai nettoyé le cendrier samedi, c'était une corvée dégueulasse.
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27 septembre 2005 |
Sur mon trajet le matin il y a une haie de marronniers, ou peut être de châtaigniers, bon, en tout cas en passant devant cette haie aujourd'hui j'ai vu une femme accroupie en train de ramasser des marrons sur la pelouse, ou peut être des châtaignes, mais il devait s'agir de marrons. Ce qui m'a attiré l'oeil je pense c'est que cette femme n'était pas simplement accroupie comme pour ramasser des marrons, encore moins des châtaignes, non, elle n'avait pas un genou posé au sol et les cuisses serrées, elle était accroupie d'une façon étrange, je dirais même louche, les cuisses écartées, les fesses posées sur les talons, à la limite de l'indécence. A quelque distance d'elle sur le trottoir se trouvait une enfant dans sa poussette, cette enfant âgée d'à peine un an, et il était neuf heures du matin. Alors qu'est ce qui peut bien amener cette femme à ramasser des marrons à cette heure, dans une telle position, et encore des marrons, bon, ça se mange, mais là, je suis presque certain qu'il s'agit de châtaigniers, qu'est ce qu'on peut bien faire de châtaignes? Sur le moment j'ai supposé qu'elle pensait à confectionner une corbeille d'herbes séchées et de châtaignes pour décorer son intérieur, ça se tenait à peu près, mais c'était oublier l'enfant, et surtout la position qu' avait cette femme, presque obscène, en tout cas provocante, sur la pelouse, à la vue de tous, non décidement, cette façon de s'accroupir n'était pas banale... Et alors juste après je vois passer un homme trainant un cabas avec une panière entière, une dizaine de baguettes au moins, et là aussi je m'interroge, quand même c'est bizarre cette affaire, on pourrait se dire c'est un bon père de famille, un bon fils de famille nombreuse qui fait les courses du matin pour nourrir toutes ces bouches, mais cet homme n'avait pas du tout l'air d'un bon père de famille nombreuse, encore moins d'un bon fils, avec son visage bouffi, son début de calvitie, et surtout son petit sourire satisfait. Qu'est ce qu'il va faire de toute ces baguettes bon sang je n'ose y penser au fond, si vous aviez pû voir son visage, et l'air qu'il avait, et son petit sourire, et avec encore plus d'attention son regard, son regard qui était tout sauf celui d'un père de famille, ne parlons même plus du fils, ce n'était certainement pas un fils. Qu'est ce qui se trame ici, avec ces châtaignes - non, ce n'était quand même pas des marrons, ces baguettes, que font les gens avec ces choses? Je vais essayer d'être plus vigilant les prochains jours...
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28 septembre 2005 |
Je voudrais tout d'abord corriger mes précédentes assertions relatives aux marronniers et aux châtaigniers. Une personne bien informée m'a indiqué que tant les fruits des marronniers que ceux des châtaigniers sont comestibles, mais que cependant les marronniers d'inde ont des fruits non comestibles. La haie à laquelle je faisais référence hier est très probablement une haie de marronniers d'inde. Aujourd'hui, autour de cette haie, il ne se passait rien. Il y avait bien un journal gratuit qui trainait, mais à part ça, pas grand-chose. J'ai un peu ralenti le pas, observant discrètement les alentours, sans vouloir donner l'impression d'observer, mais malgré ma discrétion rien, ou des détails, un jeu de lumière peut-être, mais pas de consistant. J'étais un peu rassuré, malheureusement mon trajet est long, et sur ce chemin bien des choses peuvent arriver, et elles arrivèrent! D'abord, je croisais une belle femme d'une cinquantaine d'années qui lisait en marchant! Elle ne lisait pas le journal, non, cela encore pourrait se comprendre, on sort du métro, on a pas fini son article, et il y a ce collègue qui vous soustrait tous les matins votre journal, on ne peut jamais finir l'article qu'on a commencé, alors on profite de son trajet à pied pour terminer l'article qui nous intéresse, c'est maintenant ou jamais. Mais non, elle lisait un livre, un livre de poche certes, mais un livre quand même, je n'ai pas réussi à en distinguer la couverture, mais c'était bien un vrai livre. De plus, elle ne le lisait pas discrètement, comme il aurait convenu, mais au grand jour, elle le brandissait fièrement, le buste en avant, elle montrait qu'elle lisait son livre à tous, mais alors totalement! Je ne crois pas nécessaire d'ajouter grand chose, d'autant que cette scène s'obscurcit dès que je pense à la suivante. En effet je passe aussi tous les jours devant une église, et là une jeune fille sortait de cette église, elle sortait de l'église, une belle jeune fille, bon, ça arrive que les belles jeunes filles soient catholiques, jusqu'ici ça se tient, mais celle là sortait de l'église le sourire aux lèvres, moi attiré par ce sourire je la regardais, et elle accrocha mon regard de ses doux yeux bleus, de manière franche et directe, et son sourire s'est élargi, quasiment comme une invitation à la débauche... Peut être pas la débauche non, là j'exagère, mais enfin son visage, sa grâce virginale, et elle me regardait, comment dire... Elle me regardait et ça n'avait rien à voir avec le catholicisme, rien à voir avec l'Eglise, rien à voir avec les bigoteries!
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30 septembre 2005 |
Aujourd'hui j'ai fait mon trajet un peu plus tôt que d'habitude, vers huit heures trente. Ce ne sont clairement pas les mêmes gens qui empruntent ce trajet à huit heures trente qu'à neuf heures trente, car je n'ai vu que normalité, vraiment, rien d'intéressant: des travaileurs allant travailler, préoccupés de leur travail, avec leurs affaires pour travailler, leurs costumes de travailleurs; des lycéens allant au lycée, avec en tête leurs affaires de lycéens, portants des habits de lycéens; des collègiens allant au collège; des parents parainnant; des pigeons pigeonnant; des promeneurs de chiens promenant leurs chiens; des balayeurs balayant; des voitures voiturant; etc...etc...etc... Il n'y avait que du banal, du normal, du quelconque, de l'attendu, en un mot rien.
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Le 17 février 2005 |
Witold GOMBROWICZ est né en 1904 dans une famille de la noblesse terrienne, au sud de Varsovie. Après des études au lycée catholique de Varsovie, il fait des études de droit et obtient sa licence en 1926. Il séjourne en France pendant un an en 1928, puis fréquente les cafés littéraires polonais, etc. etc. Suis une liste intégrale de son oeuvre romanesque. FERDYDURKE Je suis l'auteur de la "gueule" et du "cucul" - c'est sous le signe de ces deux puissants mythes que j'ai fait mon entrée dans la littérature polonaise. Mais que signifie "faire une gueule" ou "encuculer" quelqu'un? "Faire une gueule" à un homme, c'est l'affubler d'un autre visage que le sien, le déformer... Et "l'encuculement" est un procédé similaire, à cette différence près qu'il consiste à traiter un adulte comme un enfant, à l'infantiliser. Comme vous le voyez, ces deux métaphores sont relatives à l'acte de déformation que commet un homme sur un autre. Et si j'occupe dans la littérature une place à part, c'est sans doute essentiellement parce que j'ai mis en évidence l'extraordinaire importance de la forme dans la vie tant sociale que personnelle de l'être humain. "L'homme créé l'homme"- tel était mon point de départ en psychologie.» LES ENVOUTES Feuilleton pour journal à la mode inachevé. TRANS-ATLANTIQUE « Dans une prose archaïque, parlée plus qu'écrite, je raconte comment, à la veille de la guerre, j'atterris en Argentine, comment l'explosion de la guerre m'y surprit. Moi, Gombrowicz, je fais la connaissance d'un "puto" (pédé) amoureux d'une jeune Polonais, et les circonstances me font l'arbitre de la situation: je peux précipiter le jeune homme dans les bras du pédéraste, ou faire en sorte qu'il reste auprès de son père, un commandant polonais vieux jeu, très honnête et très honorable. Le pousser dans les bras de ce "puto", c'est le livrer à l'inversion, le jeter sur les routes qui ne sont pas tracées, dans une onde où tout devient possible, dans une anomalie qui ne connaît pas de borne. L'arracher au pédéraste et le restituer au père, c'est le maintenir dans la posture polonaise traditionnelle, honnête et respectueuse. Que choisir? La fidélité au passé... ou la liberté d'un devenir ouvert? L'enchainer à sa forme ancienne ou lui donner la liberté et qu'il fasse ce que bon lui semble? Qu'il se crée lui-même? (extrait des Entretiens avec Dominique de Roux, 1968) ». LA PORNOGRAPHIE « Un écrivain polonais m'a écrit un jour pour me demander quel était le sens philosophique de la pornographie. Je lui ai répondu : " Essayons de nous exprimer de la façon la plus simple. L'homme, on le sait, tend vers l'absolu. Vers la plénitude. Vers la vérité, vers Dieu, vers la maturité totale... Tout saisir, tout réaliser entièrement - tel est son impératif. Or, dans la pornographie se manifeste, il me semble, un autre but de l'homme, plus secret sans doute, en quelque sorte illégal : son besoin du non-achevé... de l'imperfection... de l'Infériorité... de la Jeunesse... [...] La pornographie est écrite un peu à la manière d'un roman de province polonais [...] (extrait de la préface à la pornographie) ». COSMOS Quelques extraits du journal de Gombrowicz a propos de Cosmos: « 1962 - Qu'est ce qu'un roman policier? Un essai d'organiser le chaos. C'est pourquoi mon Cosmos, que j'aime appeler "un roman sur la formation de la réalité", sera une sorte de récit policier. 1963 - Je pose deux points de départ, deux anomalies très éloignées l'une de l'autre : a) un moineau pendu; b) l'association de la bouche de Catherette à la bouche de Léna. Ces deux problèmes se mettent à réclamer un sens. L'un pénètre l'autre en tendant vers la totalité. Ainsi commence un processus de suppositions, d'associations, d'investigations, quelque chose va se créer, mais c'est un embryon plutôt monstrueux, un avorton... et ce rébus obscur, incompréhensible, va exiger sa solution... chercher une Idée qui explique, qui mette de l'ordre... 1963 - Quelles aventures, quels incidents avec le réel pendant cette remontée du fond des ténèbres! Logique intérieure et logique extérieure. Ruses de la logique. Pièges intellectuels: les analogies, les oppositions, les symétries... ». « Est-ce clair? On dit qu'une oeuvre s'explique par elle même, que les commentaires de l'auteur sont superflus. C'est vrai en principe! Mais l'art contemporain n'est pas toujours d'accès facile et il est parfois utile que l'auteur prenne le lecteur par la main et lui propose un itinéraire ( préface à la pornographie) ».
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Le 12 janvier 2007 |
Je vous livre aujourd'hui les extraits d'un échange infructueux que j'ai eu avec un autre intervenant sur un fameux forum de bande dessinée, Bulledair, au sujet de l'adaptation en bande dessinée d'à la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Je crois ces interventions suffisamment intéressantes pour être reproduites ici. Ne perdez cependant pas comme moi votre temps sur ces forums, lieu de perdition s'il en est. «- La Menie : Cette série est vraiment atypique. Des albums qu'on lit autant qu'on les regarde. Le dessin, entre "Combray" et "Un amour de Swann" présente autant d'évolution qu'entre "Tintin chez les soviets" et "Coke en stock". On referme l'album en ayant l'impression d'avoir lu un livre, et, chose hélas plutôt rare, on le relit très vite. - Docteur C.: J'avoue n'avoir lu que le dernier tome paru (qu'on m'a offert comme "plaisanterie", je m'en serai bien passé), mais permettez-moi d'être sceptique quant à votre petite tentative de sauver ce naufrage. A ma connaissance, rares sont les bandes dessinées qu'on "regarde." Toutes, ou presque toutes, les bandes dessinées se lisent. Jusqu'ici rien d'extraordinaire donc. Quant à la relire... Ma foi, je préfère relire Proust dans le texte. - La Menie: Quelle hargne, monsieur, une"goule", allons donc ! et cet auteur, le pauvre, n'aurait donc que des couleurs "passables", une "palette limitée" ... bon. C'est un air connu, "Touche pas à MON Proust" . - Docteur C. : Chère Madame, Pour en savoir plus sur ce livre, mais pas trop quand même, cliquez ici. |