Au bonheur des lâches

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mardi 28 octobre 2008

35.

lundi 20 octobre 2008

34.

« Ensuite, je voyageais pendant plus d'une heure à travers l'obscurité de mon lit, faisant une voûte avec les draps au-dessus de moi, afin de former une caverne à la lointaine sortie de laquelle j'apercevais un peu d'oblique lumière bleuâtre qui n'avait rien de commun avec ma chambre à coucher, avec la nuit de la Néva, avec les volants riches et ténébreusement translucides des rideaux de la fenêtre. La caverne que j'explorais contenait une telle réalité dans ses plis et ses fissures, regorgeait d'un mystère tellement lourd qu'une pulsation, comme celle d'un tambour en sourdine, prenait naissance dans ma poitrine et mes oreilles ; là, dans les profondeurs, à l'endroit où mon père avait découvert une nouvelle espèce de chauve-souris, je pouvais deviner les pommettes saillantes d'une idole taillée dans le roc ; et à la fin, quand je m'assoupissais, une douzaine de mains puissantes me renversaient et avec un horrible bruit de soie déchirée, quelqu'un me décousait de haut en bas, après quoi une main agile glissait en moi et pressait puissamment mon cœur. Ou alors, j'étais changé en cheval, hennissant d'une voix mongolienne : des chamans tiraient sur ses jarrets avec des lassos de telle sorte que ses jambes se cassaient avec un craquement et s'effondraient à angle droit avec le corps - mon corps - qui reposait le poitrail pressé contre la terre jaune, et en signe d'extrême agonie, la queue du cheval s'élevait comme un jet d'eau ; elle retombait et je m'éveillais ».

Vladimir Nabokov, Le don, traduit de l'anglais par Raymond Girard p. 32-33 Éditions Folio Gallimard n° 2340

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samedi 11 octobre 2008

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