Au bonheur des lâches

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samedi 30 août 2008

26.

vendredi 29 août 2008

25.

dimanche 24 août 2008

24.

« Il fit preuve d'une attention indéfectible. Il poussait des mugissements de consolation et acceptait ses caresses maladroites avec une haine dissimulée lorsqu'elle essayait d'expliquer parfois, en grimaçant, que ce n'était pas elle mais lui (un petit doigt pointé sur son ventre) qui était responsable de leur séparation nocturne, et l'on aurait vraiment cru qu'elle était enceinte (faussement enceinte, enceinte de sa propre mort). Toujours d'humeur égale et maître de lui-même il maintenait le ton naturel qu'il avait adopté dès le départ et elle lui était reconnaissante pour tout - pour la galanterie démodée avec laquelle il la traitait, pour le vouvoiement qui à son avis donnait à la tendresse une dimension de dignité, la façon aussi, qu'il avait de satisfaire ses caprices, le nouveau radiogramophone, son acceptation docile de changer deux fois les infirmières qui furent appelées à s'occuper d'elle en permanence.

Pour de petites courses insignifiantes, elle ne le laissait pas s'éloigner de son champ de vision plus loin que la pièce d'angle ; en revanche lorsqu'il sortait pour ses affaires, ils décidaient en commun auparavant la durée précise de son absence et comme son travail n'exigeait pas d'horaires fixes, à chaque fois il devait se battre - avec un air joyeux mais les dents serrées - pour chaque particule de temps. Une rage impuissante lui tordait les boyaux, les cendres de combinaisons désintégrées le faisaient suffoquer, mais il en avait assez d'essayer de hâter son décès ; cette seule espérance était devenue si banale qu'il préférait faire la cour à son antithèse : peut-être qu'au printemps elle serait suffisamment remise pour l'autoriser à emmener la fillette au bord de la mer pendant quelques jours. Mais comment pourrait-il préparer le terrain ? A l'origine il avait imaginé qu'il serait, un jour, facile, sous le prétexte d'un voyage d'affaires, de décamper dans la ville à l'église noire et aux jardins qui se reflétaient dans la rivière ; mais lorsqu'il déclara un jour qu'il pourrait, grâce à un coup de chance, avoir la possibilité de passer voir sa fille s'il lui fallait se rendre jusqu'à une certaine destination (il nomma une ville toute proche), il eut la sensation qu'une braise ardente, vague, minuscule, presque inconsciente, de jalousie avait soudain donné vie à des yeux jusque là inexistants. Il changea rapidement de sujet et parut satisfait de constater qu'elle avait apparemment oublié cet éclair stupide d'intuition qu'il ne servait à rien, bien entendu, de rallumer. La régularité des fluctuations de sa santé lui semblait incarner le mécanisme de son existence ; cette régularité devint la régularité de la vie même ; pour sa part, il nota que son travail, la précision de son œil, et la transparence à facettes de ses déductions avaient commencé à souffrir de la vacillation incessante de son âme entre le désespoir et l'espoir, de la vague perpétuelle de désirs insatisfaits, du fardeau douloureux de sa passion repliée et rentrée - de toute cette existence sauvage et étouffante dont lui, et lui seul s'était doté ».

Vladimir Nabokov, L'enchanteur, traduit de l'anglais par Gilles Barbedette, Rivages poche/Bibliothèque étrangère, p.61-63.

samedi 23 août 2008

23.

22.

mardi 12 août 2008

21.

« — … Je me sens disposé à vous entretenir à cœur ouvert, répondit Cincinnatus, en se couvrant les yeux. Je désire vous faire part de certaines conclusions. Je suis environné de je ne sais quels fantômes, et non pas d'êtres humains. Ils me supplicient, comme seuls s'y entendent des visions ineptes — mauvais rêves, lambeaux de délires, lie de cauchemars — et tout ce qui, chez nous, passe pour être la vie. Théoriquement, je voudrais me réveiller, mais je ne le puis sans aide extérieure; or, cette aide m'inspire une peur insensée, et d'ailleurs mon âme incline à la paresse, habituée qu'elle est à ses langes corporels. De tous les fantômes qui m'environnent, vous êtes sans doute, Roman Vissarionovitch, le plus piteux, mais d'un autre côté — en raison de votre place logique dans notre existence irréelle — vous apparaissez en quelque sorte comme un conseiller, un défenseur... — A votre disposition! s'écria l'avocat, se félicitant de voir Cincinnatus se déboutonner à la fin ».

Vladimir Nabokov, Invitation au supplice, traduit du russe par Jarl Priel, p. 40 folio n°1172

lundi 11 août 2008

20.

Une participation à l'invitation collective du Terrier du LL de Mars, l'ami de l'été, de l'art, des sauterelles et des famines.

Voyez l'ensemble des participations.

Voyez directement celle des Docteurs O & C, mais vous auriez tort.

Et puis, une parution du même LLDM et du même Docteur C dans Bévue, le fanzine, et ce sera tout.

mercredi 6 août 2008

19.